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Les quatre meilleurs articles de la World Alliance Young Academic Award 2022

Les quatre finalistes auront l'occasion unique de présenter leurs recherches lors de l'Assemblée générale annuelle de la World Alliance à Casablanca. Votez pour votre article préféré.

Le premier article est signé Tristan Caballero-Montes, du Centre for European Research in Microfinance (CERMi), Université de Mons, Bruxelles, Belgique, et s'intitule : Integrating Market Conditions into Regulatory Decisions on Microfinance Interest Rates: Does Competition Matter?

Résumé de son article

La microfinance s'est rapidement développée et commercialisée, exacerbant la concurrence et l'attention portée aux profits. En réaction, de nombreux gouvernements ont plafonné les taux d'intérêt du microcrédit. À partir de données inédites sur les plafonds de taux d'intérêt et d'un jeu de données portant sur 1 115 institutions de microfinance sur la période 2015-2018, nous étudions l'effet de ces mesures réglementaires sur le montant des prêts octroyés par les institutions de microfinance, au moyen de régressions à effets fixes et d'inclusion des résidus en deux étapes. En approfondissant l'analyse par une analyse de modération et plusieurs mesures de la concurrence, nous examinons si les conditions de marché influent sur cette relation. Nous constatons que les institutions de microfinance soumises à des plafonds de taux d'intérêt sont associées à des prêts plus importants et à une exclusion financière, et que la concurrence accentue cet effet négatif. Nous proposons deux mécanismes pour expliquer ces résultats, à savoir la détérioration des possibilités de subventions croisées et l'exacerbation des stratégies de prise de risque des institutions de microfinance, toutes deux favorisées par la concurrence. Nous plaidons donc contre les restrictions de taux d'intérêt et en faveur d'une analyse plus systémique des effets de la réglementation, intégrant les conditions de marché.

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Le deuxième article est signé Harshini Moonisamy-Ellapah, de l'Open University of Mauritius, Réduit, Moka, Maurice, et s'intitule : Market Reaction to the Release of Environmental, Social and Governance (ESG) News and Sustainability Reports in Mauritius

Contexte de son étude

Ces derniers temps, chercheurs, praticiens et décideurs politiques ont engagé un débat animé sur la nécessité d'une transition mondiale urgente vers le développement durable, en créant de nouvelles opportunités pour favoriser la « co-évolution des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) » (Giljum, 2005). Il s'ensuit que la transition vers le développement durable implique une réorientation et une restructuration rapides des institutions nationales et internationales, avec un accent plus marqué sur les préoccupations environnementales, une gouvernance efficace et une meilleure intégration sociale (Steffen et al., 2015 ; Lo et Kwan, 2017). Selon l'UNPRI (2015), les informations extra-financières relevant des facteurs ESG concernent : l'environnement, qui renvoie à la pollution, aux émissions de gaz, au changement climatique, à la gestion des déchets, à la perte de biodiversité, aux énergies renouvelables et aux systèmes naturels ; la société, qui renvoie au bien-être humain, à de bonnes conditions de travail et aux droits humains ; et enfin la gouvernance, qui porte sur la taille, la structure et l'indépendance du conseil d'administration, la diversité des genres, le développement des compétences, le contrôle interne, l'accès facile à l'information, les codes d'éthique, les relations avec les actionnaires et l'engagement.

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Le troisième article est signé Paul Momtaz, de la TUM School of Management, Technische Universität München, Munich, Allemagne, et s'intitule : Financing Sustainable Entrepreneurship: ESG Measurement, Valuation, and Performance in Token Offerings

Résumé de son article

L'entrepreneuriat durable (Sustainable Entrepreneurship, SE) vise à atteindre des objectifs de rentabilité et de durabilité. Une lacune majeure de la recherche concerne l'attractivité économique de l'entrepreneuriat durable pour les entrepreneurs et les investisseurs. La question est ambiguë, car l'orientation vers la durabilité crée des contraintes coûteuses, tandis que les start-up ne peuvent pas s'approprier pleinement leurs externalités positives. Nous mettons en relation les caractéristiques Environnement, Société et Gouvernance (ESG) des start-up, obtenues par une approche d'apprentissage automatique (www.SustainableEntrepreneurship.org), avec la valorisation et la performance de l'entrepreneuriat durable dans les offres de jetons. Les start-up affichant des objectifs ESG marqués parviennent à lever des fonds à des valorisations plus favorables, ce qui incite les entrepreneurs à adopter des objectifs ESG dès le départ. Toutefois, leur performance après la levée de fonds est inférieure à celle des start-up conventionnelles, ce qui suggère que les investisseurs subissent une perte financière relative en soutenant des entrepreneurs orientés vers la durabilité.

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Le quatrième article est signé Victor Saint-Jean, de Sciences Po, Paris, France, et s'intitule : Exit or Voice? Divestment, Activism, and Corporate Social Responsibility

Résumé de son article

Les investisseurs doivent-ils exclure de leur portefeuille les entreprises non responsables, ou bien y investir et dialoguer avec leur direction ? Cet article évalue l'efficacité relative de ces stratégies de sortie (désinvestissement) et de prise de parole (activisme) pour inciter les entreprises à adopter des pratiques commerciales plus durables. À partir de données sur les fonds communs de placement, je constate que l'activisme est plus efficace que la menace de désinvestissement pour limiter les comportements antisociaux des entreprises américaines. Je propose une nouvelle classification trimestrielle des sociétés de gestion de fonds communs de placement en désinvestisseurs, activistes, les deux ou aucun des deux, sur la base de leurs participations en portefeuille et de leurs votes, lors des assemblées des entreprises, sur les résolutions relatives à la responsabilité sociale des entreprises (RSE). En utilisant les rachats massifs de parts par les investisseurs comme chocs plausiblement exogènes sur l'influence des fonds, j'identifie l'impact de chaque groupe sur le comportement antisocial des entreprises, mesuré par la probabilité qu'une controverse soit relayée dans les médias. Le principal résultat est que seuls les fonds activistes parviennent à pousser les entreprises à mieux se comporter. Je constate que lorsqu'un tel fonds est contraint de céder 1 % du capital d'une entreprise, la probabilité de controverse au cours des 10 mois suivants augmente de 1 %. L'effet est concentré parmi les entreprises présentant le plus faible niveau de RSE : pour elles, l'effet atteint 5 % et dure plus de 15 mois. À l'inverse, je ne trouve aucun élément indiquant que les fonds désinvestisseurs réduisent les comportements antisociaux des entreprises. Enfin, je ne constate aucun effet de contagion de l'activisme prosocial sur les controverses environnementales et de gouvernance.

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Votez pour votre article préféré du Young Academic Award

Notre présidente annoncera le lauréat du meilleur article et remettra un prix de 3 000 €, les finalistes suivants recevant des prix de 2 000 € (2e place) et de 1 000 € (3e place), lors de l'Assemblée générale annuelle de la World Alliance qui se tiendra à Casablanca, au Maroc, du 19 au 21 octobre 2022.